Le Marais pas à pas 

Paris, le 6 avril 2013

 

 

C'est avec beaucoup de plaisir que nous retrouvons Patrick et Caroline qui nous attendent patiemment à la gare d'Austerlitz pour nous faire profiter d'une agréable journée entre amis.

Merci beaucoup à Patrick qui a si bien organisé cette journée et qui a transmis ses documents pour l'émission de ce billet. 

 

 

Nous commençons notre promenade par un passage par la fontaine Stravinsky (ou fontaine des automates).

 

 

 

fontaine

 

 

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'la fontaine Stravinsky,

réalisée en 1983 est l'oeuvre conjointe de Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle. C'est une commande publique entre la ville de Paris, le ministère de la culture et le Centre Pompidou. L'oeuvre est la propriété de la ville de Paris qui se charge de son entretien.

Ce monument évoque l'oeuvre musicale du compositeur russe Stravinsky, qui est un symbole de l'éclectisme et de l'internationalisme artistique.

La fontaine Stravinsky est bâtie sur la place Igor Stravinsky près de l'IRCAM (le centre de recherche en musique contemporaine). Elle est composée de 16 sculptures rendant hommage au compositions du musicien. Sept sont de Jean Tinguely, six de Niki de Saint Phalle et trois des deux artistes. C'est une oeuvre en mouvement. Les sculptures des deux auteurs, toutes mécaniques, noires ou colorées sont animées par les jets d'eau. Une fontaine, en général, devrait être un lieu de repos et de rencontres dans la cité. La fontaine Stravinslki vise à recréer cette idée. Les sons que produit la fontaine évoquent la musique. Et l'oeuvre de par son emplacement et de par sa nature offre une multiplicité de points de vue. La mobilité des sculptures couplées à la richesse de l'environnement offre au spectateur une oeuvre en perpétuelle mouvance et nous interroge sur la pérennité de l'oeuvre d'art'. 

 

 

Nous rejoignons ensuite le Musée de la Poupée après avoir contourné le centre Beaubourg pour découvrir l'exposition sur les poupées ethniques présentée par Samy Odin.

 

 

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Samy Odin

Cette exposition qui occupe la totalité du musée présente plus de mille poupées de 150 pays différents ( 65 vitrines). Elle présente une partie de la collection de Micha qui s'est séparée temporairement de ses poupées pour notre plus grand plaisir !

 

Puis nous allons déjeuner dans un restaurant situé à quelques pas du musée,  à la Maison dite de Nicolas Flamel, rue de Montmorency.

 

   

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restaurant à la Maison dite de Nicolas Flamel

'Voici la plus vieille maison de Paris. La maison dite de Nicolas Flamel date de 1407 et serait la plus vieille de Paris ! Sa façade est sombre et austère. Nicolas Flamel, écrivain-juré de l'Université de Paris, la construisit mais n'y habita jamais. Il y logea gratuitement les paysans laboureurs et maraîchers qui travaillaient sur les terres des alentours. Il compensait avec le montant des loyers des boutiques du rez-de-chaussée.

Une inscription en lettres gothiques, contemporaine du bienfaiteur, en témoigne sur un bandeau courant le long de la façade : "Nous hômes et femes laboureurs demourans au porche de cette maison qui fut faite en l'an de grâce mil quatre cens et sept, somes tenus chascun en droit sous dire tous les jours une pastenostre et un ave maria en priant Dieu que de sa grâce face pardon aux poures pescheurs trespassez. Amen."

Sur les piliers sont gravées les initiales de Nicolas Flamel. Une restauration, en 1929, a dégagé des bas-reliefs gravés. Aujourd'hui altérés, ils portent cette inscription "Oro et labora" ("Prier et travailler"), qui était la devise de la maison de Nicolas Flamel, la plus vieille maison de la capitale...pour l'instant.

Qui était Nicolas Flamel ? Un mystérieux alchimiste ?

Libraire-juré, Nicolas Flamel avait pour mission de faire copier les manuscrits destinés aux étudiants des facultés. Vers 1382, il devint fabuleusement riche, et fit des dons prodigieux aux églises.

"Le roi Charles VI, curieux de connaître l'origine de cette rapide prospérité, demanda au seigneur de Cramoisy, maître des requêtes, d'enquêter sur cet homme étrange et généreux...

L'envoyé du roi se rendit chez l'opulent libraire. Sommé d'expliquer d'où lui était parvenue une si prompte richesse, Nicolas avoua qu'il était alchimiste : il avait découvert le principe de la pierre philosophale, parvenant à muer tous les vils métaux en or!

Les divagations de Nicolas Flamel firent longtemps rêver les candidats à la fortune. On imagina un fabuleux trésor caché quelque part... Certains pensèrent que l'or était enfoui dans sa maison à l'angle de la rue des Ecrivains. En 1724, Henri Saval racontait dans ses " Histoires et recherches des Antiquités de la ville de Paris" que les curieux avaient "tant de fois remué, fouillé et tracassé dans cette maison qu'il n'y reste plus que deux caves assez bien bâties toutes barbouillées de hiéroglyphes capricieux".

 

 

Après le déjeuner, en route pour une visite pas à pas du Marais. Une présentation de la visite sera faite avant le déjeuner. Le temps disponible pour cette visite ne permettra pas de visiter les lieux qui le méritent comme le musée Carnavalet ou la Maison de Victor Hugo.

 

'Nous allons commencer cette visite par la rue Michel-le-Comte située dans la partie Nord du Marais où l’on peut voir de nombreux grossistes chinois en bijouterie. Petite rue étroite où l’on peut voir au numéro 28 L'hôtel d'Halwyll, 28 rue Michel-le-Comte.

 

nicolas ledoux

 

 

'Il fut construit à la fin du XVIIème siècle, puis fut remanié par Claude-Nicolas Ledoux. Il est le seul témoin subsistant de l’architecture domestique parisienne construite par l’architecte Claude-Nicolas Ledoux.L’architecte tire parti de l’ancien bâtiment sur rue grâce à une composition symétrique et monumentale de la façade traitée en bossages à tables à la manière de la Renaissance Italienne et dont l’axe est souligné par un portail à colonnes toscanes que surmonte un tympan orné de Grâces. Les écuries de cet hôtel pouvaient accueillir jusqu'à 18 chevaux.

Quoique sobre, il est l'un des plus élégants hôtels du temps de Louis XVI. A ne pas manquer, la porte monumentale, les ferronneries, les bas-reliefs sous la voûte d'entrée, le départ de l'escalier.

Madame de Staël y naquit en 1766.

En face, au 21 rue Michel-le-Comte se trouve l’hôtel où vécu Jean le Rond d’Alembert.

Fruit d’un amour illégitime, né le 16 novembre 1717, il sera abandonné sur les marches de la chapelle Saint-Jean Le Rond, attenant à la Tour Nord de ND de Paris, par sa mère, la marquise du Tencin, célèbre femme de lettres. Comme le veut la coutume il prend le nom de la chapelle au pied de laquelle il est trouvé, abandonné.  Il est placé, à l’initiative de son père,  dans une famille dont la femme, épouse d’un vitrier, Madame Rousseau, vivait dans cette maison. Très attaché à elle, il restera 48 ans chez sa nourrice, malgré la rente importante que lui léguera son père le chevalier  Destouches, après qu’il ait pourvu à son éducation. Bachelier es arts, il sera admis à l’Académie des sciences comme associé astronome à 24 ans.

A 28 ans il s’engage avec Diderot dans la grande aventure de l’Encyclopédie. Il sera chargé de la rédaction du Discours préliminaire, véritable manifeste des Lumières, dans lequel il souligne le lien entre le progrès social et les sciences. Sa célébrité lui ouvrira tous les salons et c’est ainsi qu’il s’installe en 1764 chez Julie de Lespinasse, une écrivain et salonnière.Elu membre de l’Académie française en 1754, il en devient le secrétaire perpétuel jusqu’à sa mort le 29 octobre 1783.'

 

L'Hôtel de Guénégaud 60 rue des archives

'L'Hôtel de Guénégaud a été élevé entre 1651 et 1655 pour Jean-François de Guénégaud des Brosses, secrétaire du Roi, maître des Comptes et conseiller d'Etat, par François Mansart. Seul hôtel du célèbre architecte qui subsiste dans sa totalité, il abrite aujourd'hui le siège de la fondation, le musée de la Chasse et de la Nature ainsi que le Club du même nom. Seuls les membres de ce club y ont accès.

Le Musée de la chasse et de la Nature qui s’y trouvait jusqu’en 2007 a été transféré dans l’hôtel mitoyen, l’hôtel de Mongelas. C’est un peu dommage car l’hôtel de Guénégaud est le seul hôtel de François Mansart demeuré intact à Paris.

Parfait exemple de l'hôtel parisien du milieu du XVIIe siècle, il se compose d'un corps principal, entre cour et jardin, de deux ailes en retour et d'un bâtiment donnant sur la rue. L'ensemble est empreint d'une grande sobriété. L'hôtel a conservé son admirable escalier d'honneur.

En 1703 l'hôtel est vendu au financier Jean Romanet, qui entreprend des modifications et des embellissements. Au milieu du XVIIIe siècle l'hôtel passe à la famille Thiroux qui en restera propriétaire jusqu'en 1895. Cependant, à partir du milieu du XIXe siècle, l'hôtel est envahi par les installations commerciales et petit à petit se dégrade. Il a été inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1929.

Grâce à André Malraux, alors ministre des Affaires culturelles, l'hôtel est classé Monument historique en 1962 et acheté par la Ville de Paris qui le loue, par bail emphytéotique de 99 ans, à la Fondation de la Maison de la Chasse et de la Nature, à charge pour elle d'y effectuer les travaux de restauration.

François Mansart, né le 23 janvier 1598 à Paris, au faubourg Saint Victor où il meurt  le 23 septembre 1666, Mansart est un architecte français considéré comme le principal précurseur de l’archtecture classique en France. Le principal caractère de l’architecture de Mansart est la noblesse et la majesté. Malheureusement pour son renom, la plupart des nombreux et estimables édifices érigés par Mansart ont presque tous disparu et ne sont connus que par les gravures ou par la liste qu’en a laissée Charles Perrault. Ce qui reste aujourd’hui, principalement, en dehors du Val-de-Grâce, pour apprécier le talent de François Mansart, est le château de Maisons-Laffitte, gravé en sept planches par Mariette. Il ne subsiste plus aujourd’hui à Paris que la façade restaurée de l’hôtel Carnavalet et le temple du Marais, rue Saint-Antoine.

Il réalisera l’aile Gaston d'Orléans du château de Blois (1635-1638), construite pour Gaston d'Orléans et qui servira de modèle pour le Palais du Luxembourg.

 

L'hôtel de Clisson 58 rue des Archives. Il est encore appelé hôtel Olivier de Clisson ou encore hôtel de Guise.

C’est un hôtel particulier construit en 1380 situé au centre de Paris, dont il ne reste que le portail monumental flanqué de deux tourelles en encorbellement. C'est un exemple unique de l'architecture privée du 14ème siècle à Paris. Son style s'apparente à celui de l'hötel de Sens. L'hôtel fait aujourd'hui partie des Archives nationales. Résidence de la fameuse famille des Guise au XVIème siècle, il était un important lieu de pouvoir. Il fut en grande partie restructuré par le duc de Guise et reconstruit pour devenir l'hôtel de Guise et actuel hotel de Soubise.

La porte de l'ancien hôtel de Clisson fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques.'

 

 

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hôtel de Clisson

 

L'hôtel de Soubise 60 rue des Francs Bourgeois 

'Anciennement hôtel de Clisson puis hôtel de Guise, c’est un majestueux hôtel particulier parisien situé au coin de l'actuelle rue des Francs Bourgeois et de la rue des Archives .Il est le siège du musée des Archives Nationales dont il abrite les salles d'exposition.'

 

 

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hôtel de Soubise

 

 

L’hôtel de Rohan 87 rue Vieille du Temple

Construit par l'architecte Pierre-Alexis Delamair, à partir de 1705 pour la famille de Rohan, il abrite aujourd'hui, avec l'hôtel de Soubise attenant, une partie des Archives nationales

 

 

rohan

hôtel de Rohan

 

Nous arrivons au Crédit Municipal de Paris, 55 rue des Francs Bourgeois où nous pouvons visiter une exposition sur la couture parisienne des années 1930.

'Exposition "1931, face-dos-profil" au Crédit Municipal

L'exposition est dédiée au dépôt de modèle. Conçue par le musée Galliera, avec le concours des Archives de Paris, elle est une invitation à découvrir l’extraordinaire créativité de la couture parisienne des années 1930, à travers des documents d’archives, dévoilés pour la première fois au public à Paris.

Cette exposition présente un ensemble inédit de photographies et de dessins de mode issus d’un fonds de plus de trois millions de dépôts de modèles conservés aux Archives de Paris. Ces documents révèlent une industrie de la haute couture soucieuse de protéger ses créations contre la copie, en déposant, à chaque collection, les principaux modèles de vêtements ou d’accessoires auprès des prud’hommes de Paris.Objets précieux, ils témoignent de l’extraordinaire créativité et virtuosité d’un âge d’or de la couture parisienne, avec la présence des plus grands noms comme Madeleine Vionnet, Jeanne Lanvin, Hermès…mais aussi de maisons oubliées et non moins talentueuses comme Druilhe, Callot Soeurs, Bruyère. Et pourtant l’exigence documentaire induit un dispositif photographique à l’esthétique industrielle; le modèle est dupliqué dans des diptyques, triptyques et parfois dans des miroirs à trois pans, qui permettent de tourner autour (face,dos, profil) dans une vision cinétique et moderne du vêtement.

L’année 1931 se révèle exceptionnellement riche en dépôts(plus de 10 000) et voit la naissance d’un style qui marquera les années 1930. Des lignes d’une apparente simplicité construisent des robes de jour sophistiquées par des découpes ou des incrustations. Les hauts géométriques bicolores contrastent avec l’uni des jupes. Les pyjamas deviennent les éléments d’une garde-robe active et mondaine. Pour le soir le fourreau de satin blanc ou noir règne en maître, buste et hanches moulés, décolleté plongeant dans le dos. En parallèle on note la tentation d’une vogue romantique tout en volants et mousselines. La fourrure, notamment l’hermine, s’impose à toute heure de la journée.

Afin de mettre en lumière les grandes tendances de la mode de l’année, photos et dessins sont mis en regard de publications de l’époque ainsi que de vêtements et d’accessoires issus des collections de Galliera.'

 

Le Crédit municipal de Paris, anciennement Mont-de-piété, dit « Ma tante », est la plus ancienne institution financière parisienne. Depuis 1637, l'établissement pratique le prêt sur gage, une forme de crédit qui consiste à déposer en gage un objet de valeur (bijou, argenterie, tableau, sculpture, tapisserie, verrerie, instrument de musique) contre un prêt immédiat représentant 50 à 70 % de la valeur de l’objet sur le marché des enchères publiques. Le Crédit municipal fait aussi office de banque et de salle de ventes aux enchères.Les locaux comprennent une salle de ventes et une salle de dépôt.

tour dans la cour crédit municipal

tour dans la cour du crédit municipal

On y trouve encore une étuveuse qui servait à désinfecter les matelas mis en gage aux XVIIIe et XIXe siècles.

 

machine a étuver

l'étuveuse du crédit municipal

 

 

Puis la promenade continue .....  rue des Francs Bourgeois : Maison de J. Hérouet , l'hôtel de Coulanges, l'hôtel d'Albret, l'impasse des Arbalétriers,  rue Pavée : l'hôtel Lamoignon.

 

 

herouet

maison de J. Herouet

 

 

hotel coulanges

hôtel de Coulanges

 

 

hotel d'albret

hôtel d'Albret

 

 

echaguette

échauguette à l'angle des rues Pavée et Francs-Bourgeois

 

Nous traversons le quartier juif : la rue des Rosiers, la rue vieille du temple avec l'hôtel Amelot de Bisseuil, l'hôtel de Rohan, la rue de Thorigny avec l'hôtel Salé, la rue de la Perle avec l'hôtel Libéral Bruant et arrivons devant le musée Carnavalet.  Un petit tour place des Vosges avec la maison de Victor Hugo, nous passons par l'hôtel de Sully pour sortir rue Saint Antoine, puis devant l'église Saint Paul Saint Louis, prenons la rue François Miron pour y découvrir les maisons à colombages et visiter la maison d'Ourscamp et son sous-sol gothique .

 

goldenberg

ancien restaurant Goldenberg

 

 

hotel Salé

hôtel Salé

 

 

place des vosges

place des Vosges

 

 

sully

 

L'heure tourne. Nous quittons la maison d'Ourscamp pour la rue de Jouy et l'hôtel d'Aumont, puis la rue du Figuier avec l'hôtel de Sens, l'enceinte Philippe Auguste .....  et profitons avec plaisir de la brocante au village des antiquaires ! 

 

 

hotel de sens

Hôtel de Sens

 

  

 

Une journée bien remplie,  n'est-ce-pas ?

Merci encore au organisateurs, nous attendons avec impatience la prochaine escapade !

Nanie